JACQUEMUS LA CAGOLE EST LA MODE

Plus qu’un point de rencontre affectueux ou sensible, Marseille est la ville qui compte géographiquement dans la vie de Jacquemus, au même titre que Rimbaud ; un signe peut être ? Il faut avoir l’esprit du voyageur pour traverser la France, et voir couler la campagne de France devant ma fenêtre à la vitesse d’un TGV lancé à 300 kilomètres heure. Marseille ! Pour une seule collection, mais que diable, trois heures de voyage vaut bien une messe si celle-ci est de qualité.

Marseille, cette «Porte du Sucre», comme l’immortalisera Albert Londres, est une ville à son image qui bouillonne, un des plus beaux ports juste au bord des eaux de la ville, et à tout instant du jour et de la nuit, là où les bateaux labourent par leur sillage les mers du monde. Comme un phare français, qui balaye de sa lumière les cinq continents, celui-ci éclaire aussi la mode de demain.

Il nous avait dit « je m’appelle Simon, j’aime le bleu et le blanc, les rayures, le soleil, les fruits, les ronds, la vie, la poésie, Marseille et les années 80 ». Tout un programme, c’est la plage Calanque de Sormiou qu’a choisi le créateur, une carte postale de la Méditerranée. On aurait pu pensé que, loin des embouteillages parisiens, le show aurait commencé à l’heure, mais que nenni, rien à faire, il faut toujours que cela commence en retard. Pourtant, l’exactitude est la politesse des rois, mais avec « Pages Blanches », pas question. Chut, voici le premier modèle : en rang d’oignon, le peu de journalistes présent assis sur une serviette, les pieds dans le sable, vienne s’extasier devant un survêtement typique des dealers du Marseille de la cité Val-Plan.

Une chose est sûre : c’est que le chapeau de paille apporté pour la circonstance dans la collection nous montre que, finalement, Jacquemus ne sera jamais autre chose qu’un feu du même chapeau. Avec Loïc Prigent présent, on peut imaginer qu’avec ses 140 caractères, il transformera cette collection en spectacle de bobos parisiens, et ouvrira la « Porte » à Simon sur un métier qui ne restera qu’un rêve.

Anonymode