VERSACE DONATELLA SKAÏ

Léopard et cuir, le brillant ou l’éclat des modèles luisant et scintillant du skaï comme des balises sur une route sombre. Audacieux et criard, le spectacle est une vision tout à fait fidèle aux racines de la marque. Costume deux tons comme les hommes d’aujourd’hui et des imperméables prémices au changement climatique moitié léopard pour se confondre dans la jungle urbaine et moitié Vanilla skaï pour affronter les pluies diluviennes : hommage certainement à la ville de Miami où la plus acide des toxines botuliques de la mode renoue avec les classiques de la maison.

Couleurs flashy et coupes excentriques, c’est à peu près ce qui peut résumer le style, car la mode aime toujours puiser l’inspiration dans sa propre histoire et en replongeant dans les années 90, Donatella veut penser le changement à défaut de changer le pansement. Il n’y avait rien de subtil pourtant dans cette collection, qu’il s’agisse de la signature de Gianni Versace imprimée sur des cravates et les logos géants sur des tee-shirts très colorés que le cygne nous en fit un.

Avec des lunettes de soleil jaunes, oranges, vertes ou bleues qui ne portent pas de marque, c’est le style vintage des années quatre-vingt-dix à plus soif. Fidèle à sa déclaration, la muse, chaude comme la calabraise, affirme que le désir d’être observée et regardée doit être absolument naturel, une gageure quand on voit la transformation physique de la sœur de l’italien, le plus connu de Miami. Chemises surdimensionnées à carreaux et en Denim, ainsi que des manteaux et des vestes moitié noirs et moitié Prince de Galles, manteaux noirs de S.S. (traduisez Serial Sewer) avec ceinture portée presque sous les bras : un clin d’œil à l’Italie de Mussolini peut-être !

Une collection composite vaut mieux que contronyme, un effet de string, qui ne vous porte pas à vous habiller mais vous rentre dans la rê. Avec la Calabraise, j’aurai l’impression de coucher avec la femme qui vie dans les montagnes du Tibet : l’abominable came des laines.

Anonymode.